Dimanche 14 février 2010
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Depuis hier, le 136ème carnaval de Granville bat son plein, et ce, jusqu'à mercredi à l'aube. Moins exotique que celui de Rio (faute de plumes), moins médiatique que celui de Nice (faute d'argent),
il a tout de même le mérite d'être assez connu.
Cette année, son désir le plus cher est d'intégrer la liste du patrimoine culturel de l'Unesco. A Granville, le carnaval est une affaire familiale. Depuis des semaines, des mois, certains y passent
leurs soirées et leurs weeks - ends entiers !
Le Samedi, le Maire de Granville remet les clés de la ville au Roi Carnaval et, jusqu'au mercredi, Granville appartient aux Granvillais et, Monsieur le Maire est devenu Monsieur Tout le Monde !
On fait la fête entre amis, on se défoule, dit une granvillaise de longue date.
A noter que, c'est au Moyen Age que l'église a récupéré cette fête païenne pour aider les chrétiens à aborder l'ascèse à laquelle ils doivent s'obliger pendant le carême ! Le carnaval était en
quelque sorte l'excès en tout avant la période de privation et, le refoulé se libère derrière le masque.
Si cet esprit a perduré, c'est grâce aux terre - neuvas : c'étaient des marins qui allaient pêcher la morue au large du Canada.
En 19O5, ils étaient 6OOO à partir de Granville et, la période du mardi gras coincidait avec celle des grandes marées, propice pour prendre la mer. Pendant 5 jours, ils dépensaient leur avance sur
gage et, le lendemain, ils embarquaient pour 6 mois, sans être certains de revenir !
Depuis, carnaval a évolué : les chars, les cavalcades, le procès avec la mise à mort du Roi Carnaval sans oublier la bataille de confettis. Le
tout se passait dans un ambiance "bon enfant" quoique, quelque peu satirique disent certains !
Son caractère frondeur est une particularité du carnaval de Granville. Le mardi, il y a les intrigues au cours desquelles l'intrigant va voir les personnes qu'il connait, leur raconte des
histoires, et même, quelquefois, l'intrigant se permet de dire à ceux qui le reçoivent leurs 4 vérités, ce qui n'est pas forcément bien reçu, surtout quand on n'a pas reconnu le déguisé qui,
rarement, veut se dévoiler : c'est une façon de se défouler !
C'est pour cela que des démarches ont été entreprises auprès de l'Unesco afin de voir en quoi le carnaval de Granville n'est pas qu'une simple fête
populaire, mais, a gardé son caractère de défouloir social .